Par Tatiana Mojenok-Ninin
On atteste la présence d’artistes russes et ukrainiens sur la Côte d’Azur dès les années 1840.
Le célèbre peintre de marines romantiques Ivan Aïvazovski découvre ainsi Nice en compagnie de l’écrivain Nikolaï Gogol lors de son séjour en Occident en tant que médaillé d’or de l’Académie des beaux-arts. De nombreux peintres exécutent des paysages inspirés du littoral et de l’arrière-pays niçois, à l’image d’Alexeï Bogoliubov ou de Nikolaï Yourassov. Celui-ci, son ami l’écrivain Anton Tchékhov – venu plusieurs fois à Nice entre 1894 et 1900 – ainsi que d’autres artistes, écrivains et scientifiques fréquentent la villa du professeur de l’Université de Kiev Alexeï Korotnev (1854-1915) à Villefranche-sur-Mer. Sa collection d’œuvres d’art, qui appartient désormais à l’Institut de la Mer de Villefranche, contient notamment huit tableaux des peintres réalistes du mouvement des ambulants (peredvijniki). L’Institut conserve ainsi le portrait de Korotnev par le peintre ukrainien Nikolaï Pimonenko (1862-1912). Proche du naturalisme de Jules Bastien-Lepage, il est aussi connu comme professeur de Kazimir Malevitch à l’Ecole de dessin de Kiev. Mais l’artiste russe du XIXe siècle dont le nom reste le plus lié à Nice est sans doute Marie Bashkirtseff (1858-1884).
Elle y conçut l’essentiel de son œuvre littéraire et commença à prendre ses premiers cours de dessin avec le niçois François Bensa.
Docteur en Histoire de l’art de la Sorbonne, Tatiana Mojenok-Ninin est diplômée de l’Université de Saint-Pétersbourg et de l’Ecole du Louvre. Elle a publié plusieurs ouvrages et articles sur l’art du XIXe siècle. Elle participe régulièrement aux colloques internationaux et donne des conférences dans des musées et centres culturels. Tatiana Mojenok-Ninin était associée aux expositions consacrées à Marie Bashkirtseff au Musée Jules Chéret en 1995 et en 2008, ainsi qu’à plusieurs autres expositions notamment au Centre Georges Pompidou (1997), Musée d’Orsay (2006), Petit-Palais (2022) et au Palais Masséna (2013).
Tatiana Mojenok-Ninin est souvent invitée à intervenir dans des documentaires sur l’art, comme « Les frères Morozov » (ARTE, 2022) ou « Les Sirènes de la Côte d’Albâtre » (France 3 Normandie, 2020).
La vie et l’œuvre de Marie Bashkirtseff fut le sujet de son mémoire de D.E.A. en 1995 à l’Université Panthéon-Sorbonne et fit partie de sa thèse de doctorat soutenue à la même Université en 1999.