LES COLLECTIONS DU MUSEE DES BEAUX ARTS DE NICE

Paul-Désiré TROUILLEBERT
Paris 1829 - 1900
La servante de harem
Huile sur toile
1874
130 x 97 cm
Œuvre des collections nationales déposée par le Fnac, 1875
N° inv. D 53 / PFH-16

Essentiellement connu pour ses paysages, dont le style s’apparente à celui de Corot, Trouillebert étonne par cette toile, devenue l’un des œuvres clé de l’Orientalisme. Nous sommes entraînés dans l’abîme obscure des grands yeux noirs de cette odalisque idéalisée en beauté fatale orientale et d’une pureté hiératique. L’étrange déformation anatomique du corps : le buste étroit, le visage épaissi par la coiffe, comme la présentation ostentatoire du narghilé surprend. L’objet renforce la rupture entre lumière et face obscure. Le mystère se referme derrière le rideau sombre de l’entrée du harem en forme de serrure.
Dans cette composition onirique, mêlant mystère, luxe, séduction et fantasmes, Trouillebert expose tous les archétypes de l’Orient : la richesse des costumes et l’originalités des coiffes, l’exotisme des objets et enfin le raffinement décoratif des bijoux.

Florence Rabbia

biographie artiste

L’Orientalisme : est un mouvement présent en peinture surtout au XIXe siècle. Ce terme s’applique aux artistes-peintres occidentaux du monde oriental, c’est à dire du Moyen-Orient (Syrie…), de l’Afrique du Nord (Egypte) et de Venise. Le seul lien notable entre ces artistes est l’iconographie, soit la représentation de leur sujet, témoignant d’un goût pour les vêtements et les mœurs alors peu connus plutôt que leur technique.