« La passion van Dongen »
Musée des beaux-arts de Nice et collection Rudolf Engers (Pays-Bas)

du 22 avril au 25 septembre 2005
DOSSIER DE PRESSE

- Van Dongen et Nice
- Textes de Rudolf ENGERS
- Oeuvres exposées
- Biographie

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Kees van Dongen et Nice

C’était il y a 45 ans. Le maître fauve expose à Nice, galerie des Ponchettes. Il a plus de 80 ans.
En préface du catalogue, Jean Cocteau écrit : « Van Dongen transcende les modes et les hausse jusqu’à la mythologie. »
On ne saurait être plus juste.
Quelques pages plus loin, Louis Chaumeil souligne combien la personnalité de l’artiste « est dominée par la passion de vivre et la passion de peindre dans l’impulsion sensuelle de l’instinct » .
Le mot « passion » convient si bien à l’artiste.

Heureuse conséquence de l’exposition de 1959, le peintre offre l’ambassadeur d’Haïti.
Le premier tableau de van Dongen entre ainsi dans les collections permanentes niçoises.
Exemple d’ironie de l’artiste envers son modèle ? L’ambassadeur a les pieds ridiculement petits et les doigts démesurément longs. Fixe, devant un étonnant voilier, vêtu d’un habit officiel chargé d’ors et de médailles, il témoigne d’une haute conscience de l’importance de sa fonction. La couleur jaune est partout : en gros empâtements ou en cernes. Van Dongen la choisit même pour les pieds du surprenant petit porteur.

Deuxième grand tableau offert à Nice trois ans plus tard : le portrait de madame Jenny. Cette fois, la donatrice est le modèle : Jeanne Adèle Bernard dite Jenny.
Un élégant portrait, hommage au rose Jenny, le vieux-rose, couleur préférée de la célèbre créatrice de mode. Madame Jenny ouvre sa maison de couture en 1909 et obtient beaucoup de succès dans les années 20 avec les robes du soir perlées et les vêtements de sport.
Dans un décor simple : une subtile harmonie de couleurs ; les gris de la chevelure ( et de la signature du peintre), les roses du vêtement et ceux posés sur les joues et les doigts, les nuances vertes pleines de vie des yeux et du nez… le tout rehaussé de bagues et bracelets étincelants.

Nous sommes en décembre 1971, Gustav-Adolf Mossa est décédé depuis 6 mois, à l’âge de 88 ans. Le directeur des musées de France inaugure la salle van Dongen. Le public peut admirer quatre grands formats supplémentaires de Kees van Dongen grâce au dépôt de sa veuve, Marie-Claire van Dongen.
Ce premier dépôt se compose du monumental tableau l’enlèvement, du portrait du roi Léopold III de 1936, peint peu après l’avènement au trône de Belgique et de deux peintures extraordinaires la chimère pie et le tango.

La chimère pie : image formidablement moderne, peinte en 1895, à 18 ans. Chaumeil définit ce tableau comme le « symbole d’une vie vouée à la liberté, à l’audace et à la fantaisie ».
Dans un article de Nice-Matin paru le samedi 4 décembre 1971, madame Van Dongen rappelle combien le peintre tenait à cette œuvre, ne s’en étant jamais séparé. Grâce à de dynamiques hachures entourant les flancs, l’animal s’élance dans les nuages. La palette des gris, beiges et noirs n’est agrémentée que de deux taches de rouge vif et d’orangé -l’œil et le museau- qui élèvent le regard vers le haut de l’oeuvre.
Magique évocation des années folles : le tango. Successivement reprise par le peintre à diverses époques, cette peinture mate porte les traces du séchage inadéquat des tons foncés. Mais quelle force ! La répartition de la couleur est magistrale : union du corps blanc de la femme et de l’ange noir portant des talons féminins, zébrure verte dans les cheveux, légers cernes rouges, empâtements dans les fleurs. Sur un fond bleu foncé et gris, claquent le vert et le rouge inversés des chaussures, des touches de blanc font briller les reflets des chaussures vernies noires.

En 1977, madame Van Dongen effectue un second dépôt et le musée des beaux-arts de Nice entre dans le XXIème siècle avec une collection majeure d’œuvres de Kees van Dongen : 14 peintures et 2 œuvres sur papier.

Influence du voyage en Egypte de 1913 ? Le couple, signé « le peintre », est fascinant. Evocation d’une déesse égyptienne et de son compagnon… Les deux corps nus, bleu et rouge, délicatement unis par les auriculaires, se présentent de manière frontale et plate sur un fond uni marron, orné d’une colombe blanche. L’œil du spectateur est attiré par les lacets bleus des chaussons, décalés, sur de menus pieds rouges. Une fine lumière blanche est posée sur le bout des doigts de la femme. On remarque aussi les yeux noirs en amande, la simplicité du tracé de la chevelure et des sexes et, surtout, les jolis mamelons, semblables à des bijoux, traités, chez la femme, comme des parures.
Autre tableau surprenant : mademoiselle miroir, mademoiselle collier et mademoiselle sopha. Sur un fond rouge, les corps orangés forment trois lettres : la demoiselle châtain, aux yeux jaunes absents, s’affiche en I, la demoiselle brune dessine un J appuyé sur une belle ombre grise, la demoiselle blonde allongée, les jambes relevées semble décrire un siège en U. Seul décor : deux coussins sur un canapé, coupé d’un aplat vertical limitant la « fenêtre ».
Extraordinaire nu féminin que celui d’ Edmonde Guy ! Une grande fille, plus grande que nature, nue, le buste étroit. L’accent est mis sur les chaussettes roulées, sans doute renforcé par la position du corps, le genou gauche légèrement en avant, ombré de noir. Si les yeux du personnage apparaissent sans vie, son corps, ses mamelons rosés, les poils blonds du bas-ventre sont offerts au regard du spectateur.
Nice a aussi le privilège d’exposer cinq autres peintures et deux œuvres graphiques : la nuit, Adam, Eve, la femme aux bijoux, le bourgmestre de Vlugt, une étude pour Vénus et un impudique autoportrait.

L’univers de l’artiste, écrit Chaumeil en 1959, est celui « de la vie ardente avec la femme pour divinité ».
Peintre et acteur des années folles de l’entre-deux guerres, Kees van Dongen signe un hymne passionné, à la couleur, à la femme, à la vie.

Béatrice Debrabandère-Descamps,
conservateur du musée des beaux-arts de Nice


« LA FEMME EST LE PAYSAGE LE PLUS BEAU »
Kees van Dongen

En 1949 j’ai rencontré Kees van Dongen pour la première fois. Il exposait cent toiles au musée Boymans à Rotterdam, sa ville natale, qui est aussi la ville où je suis né.
Il avait 72 ans, moi j’avais alors 17 ans.

J’étais rédacteur du journal des élèves de mon école. A ma demande on m’autorisa à assister à la conférence de presse de Van Dongen. Accompagnés par le peintre nous sommes allés voir aussi ses œuvres. J’y ai vu pour la première fois de ma vie La valse chaloupée, Mistinguett et Max Dearly dansant. Plus d’un demi siècle plus tard, en 2002, j’ai choisi ce tableau pour orner la couverture de mon livre sur Van Dongen, paru en Hollande. Mistinguett disait avoir eu 2000 hommes comme amants et 100 femmes. Pour faire une blague, on avait tourné cette toile. L’artiste, les seins nus, était pontificalement couchée sur Max Dearly. Selon Mistinguett, Van Dongen lui avait dénudé les seins pour les besoins de sa peinture.

Dans mon article je chantais les louanges de Van Dongen. Deux semaines après l’inauguration de l’exposition, selon la volonté de la ville de Rotterdam, douze tableaux étaient retirés de l’exposition pour cause « d’intérêt malsain d’une grande partie du public » …, disait-on. Il s’agissait de nus. Trois de ces tableaux sont maintenant à Nice : Adam, Eve et L’enlèvement, panneaux décoratifs réalisés pour l’hôtel du peintre dans la rue Juliette Lambert à Paris dans les années 1920. Je revois ces œuvres à Nice avec plaisir.

Après avoir lu mon article, l’artiste m’écrivit, faisant allusion au communiqué officiel de la municipalité. Van Dongen voyait dans mon texte la preuve qu’une jeunesse saine pouvait le comprendre.
J’ai commencé à aimer l’homme et l’oeuvre.
Après l’affaire du musée Boymans en 1949, Van Dongen disait qu’il ne reviendrait jamais plus aux Pays-Bas, sauf si « les vaches y portaient des soutien-gorge ».

Dans le catalogue Oeuvres nouvelles de Van Dongen chez Bernheim jeune à Paris, il écrivait en 1911 dans son introduction provocatrice : « vous êtes pudiques, mais je vous dis que les sexes sont des organes aussi amusants que les cerveaux, et si le sexe se trouvait dans la figure, où serait la pudeur ? »
La critique réagit à cette introduction de Van Dongen et à ses 29 œuvres avec un enthousiasme unanime.
En 1935, à l’âge de 58 ans, il se dessinait sans gêne entièrement nu. On peut voir cette étude dans l’exposition.
Entre 1959 et 1961, étant boursier du gouvernement français, j’habitais Paris et là j’ai repris contact avec le peintre. Dès que mes moyens me le permirent, j’ai commencé à collectionner ses œuvres sur papier. Pour les tableaux je n’ai jamais eu assez d’argent.
Ma collection (300 pièces) a été montrée au musée municipal à Schiedam (près de Rotterdam) en 2002, puis en 2004, aux musées de Cognac et Lodève.
Ce voyage se termine à Nice en 2005 avec un certain nombre de pièces inédites. Le collectionneur a rempli sa mission.

Mon livre sur Van Dongen est rempli d’anecdotes : par exemple, pour le Nu debout (mademoiselle Edmonde Guy), représenté dans l’exposition de Nice ; cette toile était dans les années vingt accrochée chez Van Dongen. Lors d’une célèbre fête donnée chez lui, à laquelle le tout Paris assistait, un ministre demandait à un journaliste, ami du peintre : est-ce Edmonde ou sa sœur ? Le journaliste couvrit de ses mains la tête sur le tableau. Pendant une seconde il regarda le corps et dit, sans hésiter : « Edmonde ! ».

Avec les œuvres de Kees van Dongen on ne s’ennuie jamais. En 1927 il écrivait dans son livre sur Rembrandt : « la peinture est le mensonge le plus beau ».
Il me disait en 1959 : « la peinture est un vice, je ne peux pas faire autre chose ».
C’est heureux pour nous.

Rudolf ENGERS

Les œuvres exposées
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Musée des beaux-arts de Nice
Le bourgmestre de Vlugt , 1938, HT146,5 x 97,2 cm-( dépôt ) / Etude pour l’autoportrait nu , 1935, Esquisse à l’huile sur papier, 136x103 cm (dépôt ) /Etude pour Vénus, aquarelle sur papier 135x94 cm (dépôt) /Le couple, vers 1918 HT 195,5x130,5 cm( dépôt ) /Melle Miroir, Melle Collier,Melle Sofa, vers 1918-1925 HT 146X146 cm ( dépôt ) / Portrait de femme aux brillants, HT 194X128,6 cm (dépôt) / L’Enlèvement, vers 1917-1920 HT 230X307,5 cm ( dépôt) encadré par Eve, 1922, 220x148 cm vers 1917-1920, HT 230X207cm , et Adam, 1922 HT 220X148 cm (dépôts) /La chimère-pie,1895 HT 199,5X286,5 cm (dépôt)/ Nu debout (Melle Edmonde Guy)HT 198,5 X 98 cm (dépôt) / L’ambassadeur d’Haïti, 1923-1924, HT 211x130 cm (Collection Ville de Nice) / La nuit, vers 1922 HT 134,5X216,5 cm( dépôt) /Madame Jenny, 1923 HT 163,5X131,5 cm (Collection ville de Nice), Le Tango de l’Archange, 1923-1935 HT 196X197cm ( dépôt ) / Le portrait de Léopold III,1936 HT 200X200cm ( dépôt )

Collection Rudolf ENGERS
23 lithographies avec en outre les portraits de Fernande Olivier (femme de Picasso), Marie-Claire van Dongen ( 2eme épouse de Van Dongen) , Brigitte Bardot mais aussi gravure et pochoirs des affiches, revues, cartes postales, programmes … et enfin une collection d’ouvrages illustrés par Van Dongen tels :

- Hassan Badreddine-el-Bassraoui, Mardrus (125 compositions) 1918
- Les plus beaux contes de Kipling, (23 dessins en couleur 1920, nouvelle publication en 1926)
- La vie mondaine sur la Riviera et en Italie, 1925
- La garçonne, Margueritte (28 planches coloriées au pochoir), 1926
- Femmes (recueil de 6 lithos ), 1927
- La parisienne, Gérard Bauer, 1929
- Album du cirque d’hiver, 1930
- Deauville, Poiret (5 gravures sur cuivre et des dessins au pochoir), 1931
- Les Lépreuses, Montherlant (25 lithographies), 1947
- La princesse de Babylone, Voltaire (47 lithographies), 1948
- Au bon temps de la Butte , Dorgeles, (20 lithographies), 1949
- La révolte des anges, France (57 lithographies), 1951
- Les fleurs du mal, Baudelaire (15 gravures), 1968


Kees van Dongen (1877–1968) - Biographie
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1877 Naissance à Delfshaven en Hollande de Cornelis Théodorus Marie, dit Kees van Dongen

1892 Cours du soir de l’Académie des Arts et des Sciences de Rotterdam jusqu’à son départ pour Paris. Il étudie le dessin artistique et industriel et notamment la lithographie et l’art du livre.

1900 S’installe à Paris avec sa compagne Augusta Preiteinger dite Guus qu’il épouse en 1901.
Illustre un numéro spécial de la revue l’Assiette au beurre consacré à la prostitution qui sévit à Paris à cette époque.

1904 Commence à exposer chez Ambroise Vollard, soutenu par Félix Fénéon, critique parisien et rédacteur en chef de la Revue blanche, qui le défendra toute sa vie.

1905 Participe au Salon des Indépendants et au salon d’Automne où le critique Louis Vauxcelles invente les « Fauves ». Ce mouvement qui existe depuis plusieurs années n’est pas compris par le public et les critiques qui n’ont pas encore « digéré » l’impressionnisme.
Matisse est le théoricien et pionnier du groupe des Fauves que Van Dongen suit en gardant une certaine indépendance jusque dans les années 20, alors que d’autres s’orientent vers de nouveaux styles (Gauguin, Derain, Van Gogh, Vlaminck, Braque, Camoin). Van Dongen se délecte de la couleur appliquée à la toile surtout dans le portrait féminin.

1907 Rencontre avec le marchand Daniel-Henry Kahnweiler.

1908 à 1913 Expose à Düsseldorf en Allemagne (galerie Flechtheim, Dusseldorf). Première exposition majeure à la galerie Bernheim-Jeune qui lui propose un contrat de 7 ans. Il séjourne en Espagne et au Maroc en 1910, puis voyage en Egypte en 1913.
Il présente l’œuvre Tableau, nu de195,5cm x1,30 cm, au Salon d’Automne, oeuvre jugée scandaleuse, qui est décroché des cimaises.

1914 La guerre éloigne le peintre de sa femme et de sa fille Dolly restées en Hollande ; il ne vend pas pendant cette période difficile, mais il commence à fréquenter un nouveau milieu, celui de la mode : la marquise Luisa Casati (dont il fera plusieurs portraits), Paul Poiret, Léa Jacob dite Jasmy, directrice commerciale de la maison de couture Jenny, qui devient sa compagne. Il découvre le jazz et le spectacle Parade (sur une musique d’Igor Stravinsky, avec le ballet russe de Serge de Diaghilev , sur un texte de Jean Cocteau, et le décor de Pablo Picasso).

1918 Rupture avec Guus. Il illustre Les mille et une nuits pour les Editions de La Sirène dont l’une des planches Quiétude est commandée par Paul Poiret pour une huile sur toile monumentale.

1919 Devient le peintre de la société mondaine parisienne.

1920 -1921 Expose ses œuvres dans sa villa de Deauville (la villa Saïd). Réalise le portrait d’Anatole France, œuvre décriée pour son réalisme sévère. Il part alors à Venise avec son ami et critique Michel Georges-Michel et peint plus d’une quinzaine d’œuvres. Sa popularité ne cesse de grimper.
Réalise les illustrations des Contes de Kipling (Editions de la Sirène).

1926 Il est nommé chevalier de la légion d’honneur.

1927 Publie son autobiographie intitulée Vie de Rembrandt. C’est aussi sa première rétrospective au Stedelijk Museum d’Amsterdam ; rupture avec Jasmy Jacob.

1928 Deuxième voyage en Egypte

1929 Réalise l’album Deauville commandé par Paul Poiret qui paraît en 1931.

1931 Brillant portrait en pied de l’écrivain Anna de Noailles.

1932 La crise économique le touche mais il préfère arrêter de vendre plutôt que baisser ses prix. Son ancienne compagne Jasmy épouse le général Alvin et vend l’hôtel de la rue Juliette Lambert.

1934 Il déménage dans un grand atelier, 75 rue de Courcelles, près du parc Monceau.

1935 Voyage aux Etats-Unis.

1936 Commandes de portraits pour différentes personnalités (le roi des Belges Léopold III, l’Aga Khan et également des vedettes du cinéma et du music-hall, Arletty, Sacha Guitry, Suzy Solidor).
Nombreuses acquisitions par les musées de France et expositions rétrospectives en France et à l’étranger (Rotterdam, Bruxelles, Paris, Amsterdam, Eindhoven).

1938 Rencontre sa deuxième épouse Marie-Claire, dont il a un fils en 1940, Jean-Marie.

1940 Occupation de Paris par les allemands ; la galerie Kahnweiler est fermée.

1941 Participe à un voyage d’artistes en Allemagne qui entraîne une polémique grave autour de lui et nuit à sa réputation.

1943 Rétrospective au musée des beaux-arts de Bordeaux.

1946 à 1949 Illustrations : les Lépreuses de Montherlant, A la recherche du temps perdu de Proust, La princesse de Babylone de Voltaire, Au bon temps de la butte de Dorgeles.
Il achète le Bateau-lavoir à Monaco, villa où il réside en hiver.

1953 Epouse Marie-Claire.

1958 Portrait de Brigitte Bardot.
Nombreuses expositions successives à Nice, Genève, Albi, Lyon, Charleroi, Edimbourg, New-York.
Exposition « 50 Ans d’Art Moderne » à l’exposition universelle de Bruxelles.

1967 Rétrospective à Paris au musée National d’Art Moderne puis au musée Boymans-Van Beuninguen de Rotterdam.

1968 Décède en mai à Monte-Carlo, à 92 ans.


Source : catalogue Kees van Dongen, fondation Pierre Gianadda, Martigny, Suisse 2002

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